vendredi 12 mars 2010    


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Laurent Civel : "Les Landes ont cela de formidable qu'on y trouve à peu près toutes les énergies"

Enerlandes La Société d'économie mixte Enerlandes, qui a tenu sa première Assemblée générale fin décembre 2008, a pour objectif de réaliser des équipements ou des infrastructures en lien avec le développement des énergies renouvelables. Son capital de 1,405 millions euros est financé à 71% par le Conseil général des Landes, par le Sydec, la Caisse de Dépôts et de Consignations, le Crédit agricole d’Aquitaine, Maïsadour, la Cafsa et les trois chambres consulaires des Landes. Son directeur, Laurent Civel, revient pour nous sur les énergies renouvelables et les objectifs d'Enerlandes.


En France, où le nucléaire a été largement développé, n’est-il pas trop difficile de faire changer les mentalités pour produire des énergies renouvelables ?

La politique depuis 50 ans a été l’atome. Il permet d’avoir tout le temps de l’électricité à un prix de marché qu’aucune autre énergie ne peut arriver à fournir, avec un minimum de sécurité d’approvisionnement. Mais une centrale nucléaire est comme une chaudière, c’est toujours la même production qui sort. Or que se passe-t-il quand il y a des pics de consommation ? On ne peut pas allumer un peu plus une centrale nucléaire, donc on allume des centrales fioul ou vapeur, extrêmement polluantes. Ma cible est là. Pour éviter les rejets de CO2, les énergies renouvelables, comme l'hydraulique, interviennent. Le changement n’est pas tant dans le fait de produire différemment sur d’autres énergies, que de produire soi-même.

Comment rend-on rentables de tels investissements ?

Le langage des chiffres, c’est comme le langage des fleurs, on lui fait dire un peu ce que l’on veut, mais les énergies renouvelables, au moins sur le photovoltaïque, sont rentables. Coûteuses, mais rentables. La mise de fond est conséquente. Une toiture de 1300m², avec côté sud 650m², coûte à peu près 500 000 euros. Il faut donc que le tarif d’achat soit tel que l’on puisse permettre de faire ce type de projet. Le retour sur investissement est à moins de dix ans. Pour le photovoltaïque, il y a une vraie démarche de lancer une filière française, d’où un tarif qui est le plus élevé d’Europe dans l’achat d’électricité. A titre de comparaison, aujourd’hui, un mégawatheure, sur le marché, sur la bourse de l’énergie coûte 30 euros. Le photovoltaïque aujourd’hui est racheté 600 euros, 20 fois le prix du marché ! On essaie de montrer à l’Europe que la France va respecter ses accords internationaux, comme le protocole de Kyoto ou autre.

Que fait-on de l’électricité produite ?

On ne la consomme pas, on la vend sur le réseau, à EDF. Par contre EDF est l’acheteur, mais n’est pas le payeur. Elle est intégralement compensée de ce que ça coûte, par les factures d’électricités payées par tous, qui consacrent une contribution aux énergies renouvelables. Elle s’engage actuellement à acheter l’électricité produite pendant 20 ans, à un prix fixe, qui devrait augmenter chaque année. Mais il est vrai que dans un an, un an et demi, le tarif d’achat va se terminer, ou fortement diminuer pour les collectivités, mais pas pour les particuliers.

Quelles opportunités offrent les Landes en termes d'énergies renouvelables ?

Les Landes ont cela de formidable qu’on y trouve à peu près toutes les énergies. Il manque un peu le vent, sauf à aller le chercher très haut, ce qui pose certains problèmes techniques. On a de la géothermie et on a un rayonnement solaire qui fait que les projets sont rentables. On a de la biomasse, surtout après la tempête du 24 janvier. On dispose également d’un outil économique et industriel qui permet de trouver des acteurs locaux qui font de l’énergie verte sans le savoir. Quand je vais voir par exemple l’usine de pate à papier Tembec à Tartas, on discute, et on voit que l’énergie qu’ils font déjà dans le cadre de leur process, ils peuvent la valoriser et la vendre sur le marché. Après, il y a une histoire de coût et de tarif, mais c’est la démarche qui compte : ces calories qui partent dans l’air, est-ce que je ne peux pas les garder, les envoyer sur le réseau et être rémunéré pour ça? Donc même les industriels se lancent là-dedans, en investissant ou pas. On a de la biomasse végétale, on en a parlé avec la tempête, mais on a aussi de la biomasse agricole, avec tous les déchets, les effluents. Tout ça, ça peut être méthanisé, on peut faire de l’énergie avec. On a ouvert une porte.

Securité Pour les collectivités intéressées, lisez la suite de l'interview en cliquant ici.

 
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